Serigne Koki Makhtar Ndoumbé DIOP

Matar Ndoumbé Diop naît en 1701 à Warack Ndiatar, dans le Ndiambour, au sein d’une famille qui y est installée depuis cinq générations.

Probablement dans les années 1725, il étudie la jurisprudence islamique (fikh) – en particulier deux recueils de préceptes, la Risāla d’Ibn Abî Zayd Al-Qayrawânî et le Mukhtasar de Khalîl –, à l’université de Pire Saniakhor, qui contribua aussi à former les premiers lettrés arabisants de la sous-région, tels que Malick SyAbdoul Kader KaneOumar Tall ou Maba Diakhou Bâ. Il part ensuite dans le Fouta où il devient le disciple de Massamba Thiam et étudie la grammaire arabe (nahw), qu’il sera le premier à introduire au Ndiambour. Il se rend ensuite au Gannar, c’est-à-dire en Mauritanie, où il séjourne quelques années.

Connu pour avoir enseigné les savoirs islamiques à Mame Maharam Mbacké, grand père de Serigne Touba ou encore pour avoir converti à l’Islam le Bar Guèdj Sakhéwar Fatma Thioub, grand père du roi du Cayor Lat Dior Diop, Matar Ndoumbé fonda le village de Koki (actuelle commune dépendant du département de Louga) et y installa son premier Daara (école coranique).

Fils de Samba Ayib Diop et de Ndoumbé Seck née à Thiourour, il était le frère de Ma Ndoumbé Diop. Il eut dix enfants (cinq filles et cinq garçons) : Massamba Fa Khoudia, Madou Fa Khoudia, Ngoura Fa Khoudia, Balla Fa Khoudia, Faty Fa Khoudia, Medoune Penda Bouya, Anta Dické, Asta Sassoum, Aminta Sassoum et Binta Sassoum Diop et une nombreuse descendance. Parmi eux, on trouve plusieurs grandes figures des études arabo-islamiques telles que Ndiaga Isse Dièye Diop, son petit fils, serigne Bassirou Mbacké, fils de l’illustre Serigne Touba Chaikh Ahmadou Bamba.

À partir de 1999, une ziarra est organisée chaque année à Koki en mémoire de Matar Ndoumbé Diop.

 

Bibliographie

  • Boubacar BarryLa Sénégambie du XVe au XIXe siècle : traite négrière, Islam et conquête coloniale, L’Harmattan, Paris, 1988, 431 p. (ISBN 2-85802-670-X)
  • Jean BoulègueLa Sénégambie du milieu du XVe siècle au début du XVIIe siècle, Université de Paris, 1968, 319 p. (thèse de 3e cycle d’Histoire)
  • Jean Boulègue, « Matar Ndumbe Joop et la fondation de Kokki », in Les royaumes wolof dans l’espace sénégambien : XIIIe-XVIIIe siècle, Karthala, Paris, 2013, p. 432-435 (ISBN 9782811108809)
  • Bamba MʼBakhane Diop, Lat Dior et l’Islam, les Arts graphiques, 1973, 111 p.
  • Ravane M’Baye, Contribution à l’étude de l’Islam au Sénégal, Université de Dakar, 1973, 16 p.
  • Abdoulaye Bara Diop, La famille wolof, tradition et changement, Karthala, Paris, 1965, 262 p. (ISBN 2-86537-138-7)
  • Thierno Kâ, L’enseignement arabe au Sénégal : l’école de Pir-Saniokhor, son histoire et son rôle dans la culture arabo-islamique au Sénégal du XVIIe au XXe siècle, Université Paris-Sorbonne, 1982, 409 p. (thèse de 3e cycle d’Études arabo-islamiques)
  • Assane Marokhaya Samb, Cadior demb : essai sur l’histoire du Cayor, Édition Diop, Dakar, 1964, 64 p.
  • Ibrahima Seck, Serigne Koki Ndiaga Isseu, entre espace religieux et espace politique, Université Cheikh Anta Diop, 2010-2011

Sources audiovisuelles

2sTV, la deuxième chaîne de télévision sénégalaise, a consacré plusieurs émissions à Matar Ndoumbé Diop :

  • Demb Matar Ndoumbé Diop, avec le griot Babacar Samb, 2sTV Sénégal, 22 avril 2012 [4] [archive]
  • Demb Matar Ndoumbé Diop, avec le griot Matar Samb, 2sTV Sénégal, 26 mai 2012